Clefs

Préjugements

L'enregistrement de nos croyances dans notre cerveau, se fait par connexions nerveuses,

teintées de nos émotions. Plus nous les répétons et plus elles s'inscrivent largement et profondément comme des sillons de plus en plus creusés.

Si de votre scénario se dégagent des croyances négatives, le petit travail suivant peut vous aider (si vous pouvez avoir auprès de vous une présence amie vigilante, prête à détecter vos messages non verbaux contradictoires, cela peut être très utile, pour vous aider à affirmer une nouvelle croyance congruente, qui ne soit pas sapée par vos diablotins intérieurs) :

1- Repérer la croyance négative: exemple "je dois me sacrifier pour les autres"

2- Stopper la croyance négative :

3- Expliquer pourquoi il est utile de contrôler cette croyance négative, exemple : "parce que je me fais avoir par des gens qui se font porter par moi, au lieu de faire leur part d'effort personnel, ce qui ne me rend pas service et ne leur rend pas service".

4- Décider d'une nouvelle stratégie : comment m'y prendre ? Exemple : "à partir de ce moment même, j'accepte de reconnaître mes limites et d'être clairvoyant(e), en ce qui concerne ceux qui sont tout à fait capables de trouver des solutions par eux-mêmes. Je développe ma confiance en moi et dans les autres". Je débusque toutes les occasions où en mon absence ils ont trouvés des solutions."

Scénarii courants

Rédiger des contes nous permet de découvrir les principaux scénarios de vie tels qu'ils ont été décrit par Eric Berne, père de l'Analyse Transactionnelle.

Ils sont à la base de toutes les histoires, et en sont le ressort, ils interviennent souvent à notre insu dans nos vies. En devenir conscient, nous permet de prendre un recul et d'arrêter l'engrenage, s'il nous déplaît, car il existe des scénarios gagnants et positifs.

Scenarii de base

Il y a 3 grands scénarios de base, qui se sont élaborés à partir de notre histoire de vie ou de la signification que nous avons donnés aux attitudes de nos parents ou de notre entourage :

Un scénario relatif au sentiment de notre compétence et de notre intelligence pour résoudre les problèmes, s'il est positif, ou de notre incompétence, ou inintelligence, s'il est négatif, nourri par notre surmoi exigeant, et des attitudes parentales maladroites qui pensent à la place de leur enfant, se montrent humiliants, ou hyper logiques. Celui-ci est appelé "sans raison", il nous interdit de penser par nous-mêmes.

Un scénario relatif au sentiment d'être aimé ou pas aimé, qui va nous amener à développer soit une correcte affirmation de soi, soit un sentiment d'abandon, de rejet, d'indignité, de non-valeur. L'entourage s'est montré indifférent, un des parents n'aimait pas l'enfant, ou ne savait pas répondre à ses besoins, l'enfant à été abandonné... Celui-ci est appelé "sans amour". Il nous interdit d'aimer et d'être aimé.

Un scénario relatif au ressenti de nos émotions et pulsions, qui va soit favoriser une expression simple, saine et spontanée, soit développer un contrôle excessif parce que "ces choses-là sont très dangereuses". Cela peut provenir de parents puritains, ayant le souci du quand-dira-t-on, qui se sentent débordés par les forces pulsionnelles et émotionnelles de leur enfant. Celui-ci s'appelle sans joie. Il nous interdit de sentir et ressentir.

Action des scenarii sur notre vie

Chacun de ses scénarii de base est susceptible d'agir sur un ou plusieurs domaines de notre vie.

Celui de notre identité, et de notre droit d'exister

Celui de notre droit d'exercer ou pas un pouvoir

Sur ma capacité à être responsable de ce que je vis, peut devenir "je dois toujours en faire plus, car tout repose sur mes seules épaules, si cela ne va pas c'est toujours de ma faute, tout est de ma faute"... coupable). Le mythe de référence de ce scénario est celui d'Arachné. Arachné brodait de façon merveilleuse : elle osa défier la déesse Athéna qui avait donné aux hommes les techniques du tissage, de la poterie et de la broderie. Arachné gagna le concours et Athéna rageuse détruisit le travail d'Arachné qui se pendit de chagrin. Athéna la ressuscita en araignée qui tisse et retisse sans cesse sa toile.

Sur ma vie affective, qui peut devenir "si ça cloche avec les autres, je suis seul responsable, c'est parce que je ne suis pas digne"... entraîne une attitude égocentrique et un sentiment de solitude, une tendance aux compulsions, on remet sans cesse l'ouvrage sur le métier...

Sur mes émotions et pulsions : "je voudrais ne pas pleurer, ne pas m'intéresser au sexe, mais c'est plus fort que moi, tout cela me déborde, je suis partagé entre les exigences de ma volonté et mes désirs, et j'ai le choix entre me laisser déborder ou rester bloqué".

Dans ma vie, " je suis soumis au destin qui décide tout pour moi, je ne peux que m'adapter. C'est écrit, laissons la vie en décider, on verra bien... je ne peux pas prévoir la fin, ce qu'il adviendra, je sais bien que je devrais décider..." culpabilité et résignation.

Dans mes amours, je dépends des autres : j'essaie de leur plaire à tout prix, pour recevoir le minimum de marques d'attention...mais j'ai peur de m'engager car j'ignore ce qui m'attend ", dépendance et contre-dépendance.

En ce qui concerne mes émotions et ressentis : "c'est pas vraiment moi, ça m'échappe, j'y peux rien, tant pis, je cède " laxisme ou lâcher prise", c'est selon.

Le mythe de référence est celui de Philémon et Baucis, pauvres gens qui accordèrent l'hospitalité à deux voyageurs qui se révélèrent être Jupiter et Mercure. Pour les remercier Jupiter leur promit de leur accorder ce qu'ils désiraient. Ils demandèrent simplement à ne jamais être séparés. Jupiter détruisit le village, et épargna la maison de Philémon et Baucis qui devint un temple, eux moururent tard et à leur mort furent transformés en chêne et en tilleul, poussant côte à côte à la porte du temple.

Celui de nos croyances dans la vie

Celles-ci sont élaborées à partir de nos expériences positives ou négatives, des traumatismes subis.

Trois principales tendances se dégagent dans les croyances négatives :

1 - Pour l'instant ça va, mais la vie est pleine de mauvaises surprises, et j'ignore ce qui peut me tomber dessus après, cela m'effraye et m'angoisse". Anxiété.

2 - Il faut souffrir pour être heureux. "On doit toujours payer le prix avant”.

3 - Dans la vie, ne réussis pas trop, tu risques de tomber de haut.

Rôles du scénario

La vie d'un être humain ressemble à une chanson, il y a le refrain et les couplets.

Le refrain redit périodiquement la même chose, les couplets introduisent une liberté.

Le refrain peut porter le nom de scénario : il est programmé, inchangé tout au long de la chanson, parfois, seule la dernière phrase du dernier couplet est changée.

Dans notre vie, nous avons des espaces de liberté, qui suivent une ligne mélodique précise, et par moment, après chaque couplet plus ou moins long, nous revenons à notre base : le refrain.

Il arrive que certaines personnes chantent en permanence le refrain et en soient prisonnières. A ce moment le scénario devient pathogène.

Le reste du temps, le refrain est révélateur des outils comportementaux automatiques, à notre disposition pour faire face à toutes les circonstances…ce qui n'est pas toujours adéquat.

Prendre conscience du refrain, en peser les mots, les gestes, les croyances, c'est acquérir une nouvelle liberté : celle de continuer ou de développer d'autres aptitudes mieux adaptées aux circonstances.

Travailler sur notre scénario, qui peut être positif ou négatif, nous permet de découvrir si le refrain que nous chantons est optimiste ou pessimiste, s'il nous encourage à vivre, à mourir, à rire ou à pleurer.

Les personnages des contes que nous écrivons ont quelque chose à voir avec nous, même s'ils sont outrés ou simplement esquissés. Ils parlent de nos convictions, de nos potentiels, de nos pulsions. Ils symbolisent aussi les personnages qui ont marqué notre vie, ceux dont nous avons introjectés les comportements, croyances et façon d'être.

Chaque scénario vise dans un premier temps, à nous protéger, à assurer notre sécurité en limitant la prise de risque immédiate quand nous sommes enfants. Le problème, c'est que cette stratégie ayant réussi, nous la conservons automatiquement alors qu'elle n'est plus adaptée.

Il est sans doute très efficace d'être maladroit à 10 ans pour ne pas mettre la table ou faire la vaisselle... mais si à 25 ans nous ne pouvons pas prendre un volant sans cogner notre voiture cela devient problématique.

Sans qu'elle puisse absolument tout expliquer et être totalement responsable de notre scénario de vie, l'attitude de nos parents et de notre entourage a une influence sur sa construction.

La permission qui nous est donnée d'exister sera entamée par des parents égocentriques qui considèrent l'enfant comme un "gêneur", ou se targueront de ne pas l'avoir désiré.

La permission qui nous est donnée d'être puissant, sera entamée par des parents hyper exigeants, qui demandent à l'enfant plus qu'il ne peut en fonction de son âge.

Le sentiment de destinée peut venir de parents autoritaires, ne faisant pas de concessions qui décident tout à la place de l'enfant, y compris ce qu'il doit apprendre à décider par lui-même, par les aléas brutaux de l'existence : changement imprévus, maladies...

Les croyances positives dans la vie seront entamées par les propres croyances défaitistes de parents déprimés, malheureux, rigides, moralistes et plus particulièrement si l'enfant est hypersensible et à des difficultés à affronter les problèmes que lui pose l'existence;

Ou elles le seront par des parents très conditionnels, super exigeants, à moins qu'ils ne soient exagérément protecteurs, consolants quand ce n'est pas nécessaire.

Les croyances relatives à la réussite seront entachées par un entourage jaloux, envieux ou doutant de soi (dans ce dernier cas, l'enfant ne veut pas peiner son parent en réussissant mieux que lui).

Nos scénarios négatifs, ne sont pas une malédiction... et nous pouvons re-décider notre vie pour les transformer en scénarios positifs, car l'énergie mal employée peut être reconvertie en atout.